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MELMOTH THE WANDERER  posté le vendredi 23 février 2007 17:27

Blog de darkimmortal : Romantisme Noir, Arts Sombres, Doom et Black Metal, MELMOTH THE WANDERER

Charles Robert Maturin 1780 - 1811 

 

Un court extrait de ce très bon livre, à lire d'urgence si ce n'est déjà fait...

 

Dans l’automne de l’année 1816, John Melmoth, élève du collège de la Trinité, à Dublin, suspendit momentanément ses études pour visiter un oncle mourant, et de qui dépendait toutes ses espérances de fortune. John, qui avait perdu ses parents, était le fils d’un cadet de famille, dont la fortune médiocre suffisait a peine pour payer les frais de son éducation; mais son oncle était vieux, célibataire et riche. Depuis sa plus tendre enfance, John avait appris, de tous ceux qui l’entouraient, à regarder cet oncle avec ce sentiment qui attire et repousse à la fois, ce respect mêlé à du désir de plaire, que l’on éprouve pour l’être qui tient en quelque sorte en ses mains le fil de notre existence.
Aussitôt que John eut appris la maladie de son parent, il se mit sur-le-champ en route. Son chemin passait par le comté de Wicklow, et la beauté du pays ne l’empêcha pas de se livrer à de tristes réflexions, dont quelques-unes avaient rapport au passé, mais dont un plus grand nombre regardait l’avenir. Les caprices et le caractère morose de son oncle, les bruits étranges qu’avaient occasionnés la vie retirée qu’il menait depuis plusieurs années, la dépendance dans laquelle sa fortune le mettait de cet homme singulier: toutes ces pensées pesaient sur son âme. Il s’efforçait de les repousser; seul dans la diligence, il contemplait le pays, consultait sa montre; ses pensées le quittaient pour un moment, mais ne pouvant les remplacer, il était forcé de les rappeler, pour diminuer au moins sa solitude. A mesure que la voiture approchait de la Loge, résidence du vieux Melmoth, le coeur de John devenait de plus en plus oppressé…

 

Melmoth, Charles Robert Maturin

 

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Arthur Rimbaud  posté le vendredi 09 février 2007 22:58

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Ophelia - Alexandre Cabanel (1823 - 1889) 
 
 
Ophélie 
 
I


Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or

II


O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !

III



- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

 

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E. A. Poe  posté le vendredi 09 février 2007 22:35

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Miranda and the tempest - Waterhouse      

 

                    Annabel Lee

 

  It was many and many a year ago,
In a kingdom by the sea,
That a maiden there lived whom you may know
By the name of ANNABEL LEE;
And this maiden she lived with no other thought
Than to love and be loved by me.

I was a child and she was a child,
In this kingdom by the sea;
But we loved with a love that was more than love-
I and my Annabel Lee;
With a love that the winged seraphs of heaven
Coveted her and me.

And this was the reason that, long ago,
In this kingdom by the sea,
A wind blew out of a cloud, chilling
My beautiful Annabel Lee;
So that her highborn kinsman came
And bore her away from me,
To shut her up in a sepulchre
In this kingdom by the sea.

The angels, not half so happy in heaven,
Went envying her and me-
Yes!- that was the reason (as all men know,
In this kingdom by the sea)
That the wind came out of the cloud by night,
Chilling and killing my Annabel Lee.

But our love it was stronger by far than the love
Of those who were older than we-
Of many far wiser than we-
And neither the angels in heaven above,
Nor the demons down under the sea,
Can ever dissever my soul from the soul
Of the beautiful Annabel Lee.

For the moon never beams without bringing me dreams
Of the beautiful Annabel Lee;
And the stars never rise but I feel the bright eyes
Of the beautiful Annabel Lee;
And so, all the night-tide, I lie down by the side
Of my darling- my darling- my life and my bride,
In the sepulchre there by the sea,
In her tomb by the sounding sea.

 

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Percy Bysshe Shelley  posté le vendredi 09 février 2007 22:16

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Autumn : A Dirge


The warm sun is falling, the bleak wind is wailing,
The bare boughs are sighing, the pale flowers are dying,
And the Year
On the earth is her death-bed, in a shroud of leaves dead,
Is lying.
Come, Months, come away,
From November to May,
In your saddest array;
Follow the bier
Of the dead cold Year,
And like dim shadows watch by her sepulchre.

The chill rain is falling, the nipped worm is crawling,
The rivers are swelling, the thunder is knelling
For the Year;
The blithe swallows are flown, and the lizards each gone
To his dwelling.
Come, Months, come away;
Put on white, black and gray;
Let your light sisters play--
Ye, follow the bier
Of the dead cold Year,
And make her grave green with tear on tear.

 

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Charles Baudelaire  posté le jeudi 08 février 2007 16:20

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                                            "La mort des amants"

 

 

 

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique, 
Nous échangerons un éclair unique, 
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux;

Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes, 
Viendra ranimer, fidèle et joyeux, 
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

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